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Salon Résurgence du 14/06 au 14/07/2024

EXPOSITION PERSONNELLE (avec Luc MABILLE) DU 19/05 AU 25/06/2023
Diplômée de l’École des Beaux-Arts de Quimper, Aliénor WELSCHBILLIG explore, dans une démarche dérivant entre art conceptuel et sculpture, les volumes vigoureux de ses matériaux, pour les concrétiser tantôt en de subtils drapés de plâtre organiques, tantôt en des fins amas acérés d’arrêtes oxydées. Fascinée par les moments gracieux de rupture avec le réel, ce sont des nouveaux éléments et phénomènes que l’artiste ajoure dans ces espaces dédiés d’exposition dont son travail propose une relecture. Car c’est bien une transformation que les œuvres de WELSCHBILLIG entendent leur apporter ; les sculptures s’infiltrent dans la matière, jaillissent de ses recoins et en oxydent la netteté. De la quiétude de l’espace surgit alors le questionnement de l’altérité plastique et de l’essence révélée de la matière. Pierre Hubeaux-Colon
Création d’une œuvre pour le musée d’Art moderne de Troyes par Aliénor Welshbillig
Aliénor Welschbillig, l’(fugue), 2022-2023, poudre d’albâtre et bois, 320 x 170 x 60 cm

À l’occasion de la réouverture de son musée d’Art moderne, à la suite de plusieurs années de travaux, la Ville de Troyes a commandé une œuvre à Aliénor Welschbillig, pour s’intégrer dans l’architecture de l’ancien Palais épiscopal, abritant les collections nationales Pierre et Denise Lévy. Cette commande signe les retrouvailles de l’artiste plasticienne avec le musée d’Art moderne après son exposition « Mouvances » de 2018.

L’œuvre présentée, l’(fugue), est une création monumentale de plus de trois mètres de haut, conçue pour s’insérer dans l’arche qui surplombe le grand escalier d’honneur du XVII e siècle, dans le hall du musée.

« La voile blanche d’albâtre qui surgit de la niche dans un mouvement ascendant est maintenue en suspension par une structure portante en bois qui occupe l’intérieur de l’alcôve. L’ensemble s’intègre aux éléments de l’architecture existants : rythme, matériaux, formes, couleurs et textures.
l’(fugue) ouvre l’espace et créée un passage à travers les éléments de bois qui la maintiennent. Le blanc immaculé du plâtre, sa surface finement polie, accrochent la lumière et donnent l’éclat qui permet d’accentuer l’aspect immatériel de la forme. La matière vibre et respire. Son aspect évoque le marbre de carrare et le travail de la sculpture grecque de l’antiquité. Ce fragment de corps, cette enveloppe en apesanteur, se déploie telle une aile dans un mouvement de soulèvement, d’élan infini. La charpente en bois structure et accompagne le mouvement. Aliénor Welschbillig

La sculpture engage un dialogue avec l’ancien Palais épiscopal, à travers le jeu des matériaux qui est au cœur du travail de l’artiste. Les étais de chêne rappellent la solide charpente du bâtiment du XVII e siècle ou encore la récente rénovation et ses échafaudages. Au contraire, le délicat voile d’albâtre jaillit de l’espace, au-delà du cadre rigide de bois. Renvoyant aux plissés des sculptures antiques, il est une invitation au mouvement, à la poésie, voire à la spiritualité. l’(fugue) se déploie vers le plafond, au point de rivaliser avec les hauts volumes du palais. Elle invite le regardeur à une pause, une réflexion sur la matière, l’espace et le mouvement – essences de l’art – constituant, sans conteste, l’une des meilleures introductions possibles à la visite du musée.

Formation
1999 DNSEP, avec félicitations du jury
Ecole des Beaux-Arts, Quimper
1998 HKU, Fine Arts programme, UTRECHT, Pays-Bas
1997 Winchester School of Art, Winchester, Royaume-Uni
Expositions individuelles
2022 “Appel d’Aires”, Chapelle Saint-Martin-ès-Aires, site de l’IUMP, Troyes
2020 “Dessins”, Ciné Manivel, Redon
“Land Art” Jardin Botanique, Marnay sur Seine
2019 “Echappée”, sculpture monumentale, Route du Champagne, Bar sur Seine
2018 “Through the Rising Force”, Phantom Projects Contemporary, Troyes
2017 “Mouvances”, Musée d’Art Moderne, Troyes
“Aliénor Welschbillig”, Centre d’art contemporain Passages, Troyes
J.-M. VAN HOUTTE
La chapelle Saint-Martin-ès-Aires (site de l’Institut universitaire des métiers et du patrimoine, IUMP) est le premier bâtiment sacré réalisé avec une structure métallique habillée de pierre. Une révolution dans les matériaux…
La chapelle de l’abbaye Saint-Martin-ès-Aires reprend vie ce printemps avec une exposition de la sculptrice et plasticienne Aliénor Welschbillig.
Une mise en espace raffinée
L’artiste est incontestablement à la hauteur de ce lieu, vaste, habité d’esprit, intimidant presque.
Parce qu’elle livre un cycle de 25 oeuvres presque exclusivement crées pour cette mise en espace spécifique .Un rapport passionnel aux matériaux
Aliénor Welschbillig entretient avec ses matériaux une “relation passionnelle”, constate Ileana Rodriguez, commissaire de l’exposition. De part ces matériaux – bois de cèdre, acier, fer et fer à béton, poudre d’albâtre travaillée comme on travaille le staff, carton vernissé de bitume de Judée, béton brut en éclat, corde de chanvre… – Le travail d’Aliénor s’apparente à celui de l’artisan dans ce qu’il demande d’efforts et de connaissances des propriétés physiques, plastiques et esthétiques de chacun des composants associés.
“Les nymphes”, “Envol”, “Jaillissement”, “La voile”, ces oeuvres chargées d’énergie rappellent le goût de l’artiste pour le mouvement et la dynamique des formes… qui atteint son summum dans ces délicates efflorescences lissées et polies qui accrochent la lumière avec, tel le marbre de Carrare…