Salon Résurgence

June 14, 2024 to July 14, 2024

About

Oeuvres choisies de Brigitte Closset, André Dael, David Daoud, Sylvain Dubrunfaut, Jean-Paul Laixhay, Luc Mabille, Catherine Seher et Aliénor Welschbillig.

Dédier toute notre attention à une thématique aux apparences pourtant simples ne consiste pas en un choix anodin : bien que les genres du paysage et de la nature morte aient depuis longtemps jalonné, par de maintes occurrences, l’histoire de l’art, nous ne pouvons nous empêcher d’éprouver une étrange sensation face à la contemplation d’une œuvre où l’humain est absent. Lorsque ce dernier vient à manquer, comme s’il n’avait pas été convoqué par l’artiste, c’est un vide de nous-même qui nous saisit. Mais il arrive parfois que l’artiste porte son attention sur un règne plus discret que celui de l’humain ; c’est alors au travers d’êtres muets que cet irrémédiable besoin de créer et de recréer se canalise. Au rythme subtil des pétales battus par la pluie et des lentes arborescences, se conjugue l’expression de la sensibilité. C’est un taiseux creuset dans lequel se versent nos propres questionnements face à l’existence. C’est bien ce sentiment que nous voulons investiguer au sein de cet ensemble, cet irrémédiable silence des bouquets, la sage distance des ramures, la pénombre d’une branche bercée dans le vent. Interroger ces derniers, c’est prêter oreille au discours indicible de ce vaste règne végétalisé, celui d’un monde d’apparence immobile mais où se jouent des perpétuelles métamorphoses et les périlleux éveils des renouveaux. De ces berceaux généreux et féconds, de ces âtres d’écorce, entrapparaissent peut-être d’anciennes vérités où l’on peut puiser, à défaut de mots, une manière renouvelée d’être au monde. Dans les profondeurs phréatiques de ces racines, brillent comme l’ambre, les premières leçons de ce qui
forme une vie. Cette exposition, est une invitation à s’arrêter, à ménager sa foulée, pour laisser vagabonder un regard qui ne cherche qu’à se perdre. Un parcours à l’ombre du bruit, une déambulation au travers de forêts solitaires, un spectacle qui se murmure et s’écrit dans la sève. Se mirant dans les sources de ces vielles leçons aux souvenirs fanés, il nous faut maintenant opérer une Résurgence, un retour à nous-mêmes, en s’oubliant dans les cimes de ce qui a toujours été.
Pierre Hubeaux-Colon