About

Stéphane Gerhards est né à Oypeye (Liège) en 1981

Démarche artistique

En tant qu’artiste pluridisciplinaire, je développe principalement une pratique du dessin, où chaque trait et chaque ombre instaurent un dialogue silencieux entre l’œuvre et le regard du spectateur. Mon travail s’articule autour d’un jeu subtil de regards : mes personnages, souvent issus de l’autoportrait, observent sans jamais se révéler pleinement. Ce regard voilé, cet échange suspendu, devient le vecteur d’émotions telles que la peur, l’intranquillité et le doute.

L’autoportrait occupe une place centrale dans ma pratique. En me mettant en scène, je m’expose autant que je me dérobe. Cette mise à nu devient un moyen d’explorer mes propres pensées, mes émotions et les zones d’ombre qui constituent mon identité. À travers ces figures, j’invite le spectateur à s’interroger sur lui-même, sur ce qu’il choisit de montrer ou de dissimuler. Ce jeu de regards croisés instaure une tension où chacun devient à la fois observateur et observé.

Mon enfance, marquée par le contraste entre l’innocence et une forme d’inquiétude diffuse, nourrit profondément mon travail. Les souvenirs de solitude, d’exploration et de découverte traversent chacune de mes œuvres et façonnent une esthétique du non-dit, où les émotions enfouies affleurent avec retenue. J’explore ainsi les notions d’identité, de mémoire et de persistance du passé. Mes autoportraits ne relèvent pas d’une simple représentation de soi ; ils deviennent des figures universelles, des espaces de projection où chacun peut reconnaître une part de sa propre histoire.

Ma démarche artistique interroge les relations entre intimité et distance, présence et absence, expression et répression. Le dessin devient un territoire où se rencontrent le visible et l’invisible, où les silences racontent autant que les visages. À travers ce dialogue visuel, je cherche à révéler la complexité des liens humains et des émotions qui les traversent.

Mon travail se veut enfin une invitation à regarder au-delà des apparences, à accepter les zones d’incertitude et à explorer ce qui demeure caché derrière nos façades. Chaque œuvre agit comme un miroir, ouvrant un espace de réflexion où le regard porté sur l’autre devient aussi un regard porté sur soi.