Marion Tivital

About

de quelques propriétés du concept
nous pensons au séjour provisoire d’objets idéels en des lieux qui les protègent des
reconfigurations incessantes de notre paysage mental.
mouvement
: vanité.
l’objet reconnaît ma course dans l’ombre du temps.
discontinuité et translation.
[peu de chose bouleverse notre campagne, tu sais…
une tristesse verte inonde même les hautes plaines où je poursuis son errance
quand
l’éclaircie la plus discrète instruit les champs que j’autorise]
l’objet n’a pas de visage
une autre propriété semble se dérober à mon orientation
voilà
je retrouve la beauté à chaque rencontre
pour une nouvelle révélation actualisée.
un changement de lieu imperceptible
l’objet se trouvait là, il se trouve ici, il se trouvera là, sans moi.
c’est un fait d’estime privée.
comme une empreinte dans la neige,
un jour civil derrière une aube nouvelle,
ou un os que les cendres d’un feu de bois auront délaissé,
: une postposition autosuffisante instruit la nostalgie du séjour de l’objet.
comme peindre l’eau d’une piscine d’hiver
une eau qui lave les mots de toutes les utopies régressives
mais nulle inquiétude : on saura déjouer la répression sournoise
dont le désir
(à l’œuvre pour l’idée)
juge la raison.
et la nature du cargo garantit à présent une aventure univoque.
et tout transfuge prévient la critique brutale des réponses que j’attends.
ainsi l’intuition ricoche encore contre un nuage sans argument et nous rêvons bien à la peau rose
et bleue d’un objet réfugié dans le tableau parfois aussi.
une matière souple constitue la forme sans figure de son idée.
une peau rose ou bleue.
jamais ne saurai.

Fabrice Magniez