Guillaume Couffignal

About

Il y a une littérature profonde dans le silence. Et un drame aussi. Lorsque le soleil se couche et que les amants quittent la place, elle paraît simplement vide, mais ici demeurent les murmures, les rires silencieux, les soupirs. Et les fantômes. C’est une vacuité active qui anime l’envoûtante beauté des sculptures de Guillaume Couffignal.
Il a appris l’art de la cire perdue avec un fondeur traditionnel de Koudougou au Burkina Faso. Comme l’utilisation de l’argile, cet art a une profonde connexion avec les éléments primitifs de la Nature. Il y a le vent et le ciel et la terre et le feu. Il y a les cendres et la poussière. Ici existe une collaboration avec l’esprit de l’Illusionniste, un artiste dans toute son imprévisibilité…
Ses textures font mentir les matériaux. Elles ont la patine irrégulière de l’usure et des intempéries. Elles rendent le bronze lui-même secondaire avec cette pigmentation crémeuse de la terre brûlée par le soleil. La texture devient alors une peinture.
Couffignal crée le décor du pur drame du vide. Il le remplit de souvenirs et de voix. Ce décor est visuellement minimal mais ce minimalisme même pointe l’importance de ses autres intentions. Ses bateaux sont des « bateaux-âmes » pris entre deux univers. Ses pièces architecturales évoquent des ruines et attestent cependant de leur propre existence… Randall Morris